ESG : Comment Montpensier Finance s’engage dans l’investissement responsable ?

28 janvier 2020

ESG : Comment Montpensier Finance s’engage dans l’investissement responsable ?

Avec plus de 2 milliards d’euros d’encours sous gestion, Montpensier Finance fait partie des 10 premières sociétés de gestion indépendantes Française. La société de gestion développe en interne son propre système de notation intégrant les critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance). Entretien avec Lorenzo Gazzoletti , DG de Montpensier Finance

L’engagement responsable a pris une place importante dans la gamme de Montpensier Finance, l’ISR est-elle source de surperformance ?

L’analyse ISR est tout aussi indispensable que l’analyse financière. En effet, la responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE) fait désormais partie intégrante de la stratégie de création de valeur. Dans ce contexte, les entreprises doivent désormais intégrer l’impact sur l’environnement et la société dans leur stratégie. Lorsque l’on analyse les performances de la gestion ISR, il semble que les dernières années lui aient été plutôt favorables. Méfions-nous toutefois des effets de cycles, puisque ce sont les sociétés de faible qualité ESG, comme la plupart des pétrolières, qui ont sous-performé. Le Facteur « Environnement » est porté par des flux Institutionnels majeurs qui cherchent la décarbonisation de leurs investissements, notamment grâce à des innovations technologiques déjà opérationnelles ou en cours de déploiement grâce à des entreprises en forte croissance. Derrière le facteur « Social », parmi la gestion des parties prenantes, sont intéressantes l’analyse de la satisfaction clients, la qualité et la sécurité des produits de l’entreprise. Enfin, le facteur « Gouvernance » est depuis toujours au cœur de la performance boursière : il est la courroie de transmission entre la stratégie de l’entreprise et son déploiement sur ses marchés, par ses collaborateurs. Les résultats dépendent autant, voire souvent davantage, d’une bonne exécution, donc d’une bonne gouvernance, que de la stratégie définie en amont : le succès est dans l’exécution ! Nous sommes convaincus que l’intégration des critères ESG constitue un bon moyen d’identifier des facteurs de risques qui ne sont pas pris en compte dans une analyse financière classique. Au sein de thématiques ciblées, telles la transition énergétique ou l’urbanisation, le prisme ESG permet en outre de mieux identifier les opportunités qui seront des relais de croissance future.

Comment prendre en compte les critères ESG dans une allocation d’actifs ?

Les critères ESG peuvent s’appliquer à toutes les classes d’actifs :  actions, obligations, devises, etc… L’intégration ISR se fait à l’intérieur de chacune de ces grandes catégories.

Quel est le comportement de ces valeurs en cas de retournement prononcé du cycle ?

Dans un portefeuille Actions ISR, comme c’est le cas pour notre fonds Best Business Models SRI (BBM), nous recherchons un équilibre entre les secteurs cycliques et défensifs, ainsi qu’entre les styles Croissance et Value. Cela permet à Best Business Models SRI de faire face aux phases de rotations sectorielles rapides ou de forte volatilité. Au-delà de rechercher les barrières à l’entrée capables de protéger les entreprises de la concurrence ou d’un retournement de cycle, nous complétons notre processus de sélection de valeurs par l’identification des meilleures pratiques extra-financières des entreprises, avec pour objectif de se démarquer et de mieux résister en cas de turbulences sur les marchés.

Depuis 2 ans, de nombreux CGP proposent des fonds ISR, peut-on craindre un risque de “greenwashing» ?

Pour éviter ce risque, je conseille à nos partenaires CGP de bien analyser la méthodologie et le process opérationnel de gestion de ces fonds : une réelle gestion ISR ne peut s’obtenir que par l’intégration complète et sur le long terme des critères ESG dans le processus de sélection, d’achat et de vente des valeurs composant le fonds.