Gérants de moins de 40 ans _ Nicolas Kieffer gérant du fonds M Sport & Lifestyle de chez Montpensier – Citywire

21 septembre 2021

Pouvez-vous nous présenter le fonds ?

Les secteurs du sport et du bien-être représentent un marché de près de 5 000 milliards de dollars dans le monde avec une croissance moyenne près de deux fois supérieure à celle du PIB mondial. Et nous pensons que la pandémie a joué un rôle d’accélérateur sur des tendances qui étaient déjà présentes auparavant. Dans cette thématique nous avons identifié trois grands vecteurs d’investissement. D’abord les fabricants et distributeurs de vêtements, accessoires et équipements pour la pratique du sport. Ensuite, l’économie du sport et du e-sport (jeux vidéos en ligne). Enfin, le vecteur healthy living, qui regroupe l’ensemble des solutions permettant de vivre une vie active et saine.

Comment sélectionnez-vous les valeurs ?

Notre approche de la gestion de ce fonds est une convergence entre les thématiques structurelles et un stock picking méthodique. D’un côté, nous considérons que pour capturer pleinement le potentiel de la thématique, nous devons conserver une approche la plus pure possible, à savoir des entreprises qui sont activement exposées à la thématique, que l’on retrouve dans nos trois vecteurs. Pour chaque marché que nous ciblons, nous analysons le potentiel de croissance et les tendances sur les moteurs de recherche et réseaux sociaux. Ensuite, notre stratégie de stock picking consiste à sélectionner les leaders d’aujourd’hui et de demain et des managements de qualité avec une vision long-terme et des intérêts alignés avec ceux de l’ensemble des parties prenantes.

Quelles sont les expositions aujourd’hui sur ce fonds ?

Au final, cela se traduit par un portefeuille diversifié géographiquement, avec une approche internationale, mais également en termes de styles et de marchés sous-jacents. Parmi nos valeurs en portefeuille, nous trouvons bien sûr le leader mondial du vêtements et chaussures de sport Nike mais également des valeurs plus ciblées comme MIPS, qui développe une technologie très innovante de protection pour les casques de vélo, de ski ou encore de moto. Nous avons également Basic Fit, le leader européen des salles de sport low-cost et également Activision Blizzard, l’un des principaux développeurs et éditeurs mondiaux de jeux-vidéo et propriétaire de la principale ligue de e-sport. Autant de valeur qui bénéficient d’une croissance structurelle et qui ont su faire face à la pandémie en s’adaptant, en accélérant par exemple leur stratégie digitale.

Parlons de vous maintenant. Est-ce que votre âge apporte quelque chose de plus ou de moins par rapport à votre travail ?

Nous ne réinventons pas le métier d’investisseur, mais les méthodologies et les outils sont probablement différents. A commencer par les critères ESG qui sont totalement intégrés dans nos processus de gestion. L’équipe ISR est incluse dans l’équipe de gestion et nous travaillons ensemble, critères financiers et extra-financiers n’étant selon nous plus dissociés. Par ailleurs, la data et la digitalisation sont aujourd’hui incontournables, ce qui peut paraître plus évident pour une génération dite « digital native ». Plus largement, je pense qu’il est nécessaire de se réinventer et de se remettre en question chaque jour. Je suis dans la phase ascendante de ma courbe d’apprentissage, j’ai encore de nombreuses choses à découvrir.

Pourquoi avoir choisi la gestion aussi jeune ?

J’ai suivi un parcours relativement classique. Après des études d’économie et finance, j’ai débuté en tant qu’analyste sell-side chez Oddo BHF, où j’ai couvert le secteur de la distribution spécialisée pendant près de 5 ans. Après ces quelques années, j’aurais pu continuer dans cette voie, mais j’ai décidé de passer au cœur du processus d’investissement, dans le buy-side. Mon choix pour une société de gestion à taille humaine était naturel, les fonctions d’analyste et gérant sont selon moi parfaitement complémentaires. Aujourd’hui, après deux ans et demi chez Montpensier, je suis co-gérant de deux fonds, ce qui aurait été plus compliqué dans une grande structure. Si je dois me projeter dans 10 ou 15 ans, je ne me vois pas quitter les métiers d’investissement, mais pourquoi pas m’intéresser à des sociétés plus jeunes, dans le non-coté.

Avez-vous rencontré des obstacles ?

J’ai eu la chance de ne pas rencontrer de véritables obstacles en début de carrière. Dans l’analyse sell-side, on a très vite la possibilité de couvrir un secteur, la difficulté vient de la franchise qu’il faut construire autour des valeurs que l’on couvre. Dans le buy-side non plus, je n’ai pas eu d’obstacles particulier, mais plus des challenges qui viennent naturellement de la très forte visibilité induite par mon métier. Je me rappelle par exemple des premières fois où j’ai présenté les fonds M Climate Solutions et M Sport & Lifestyle sur des plateaux de télévision ou lors de conférences organisées par Montpensier Finance. J’ai la chance de travailler sur des thématique jeunes, ce qui facilite les choses. Cela aurait été probablement plus compliqué sur des fonds plus traditionnels.

Question plus personnelle : quelles sont vos passions ?

Le sport fait partie de ma vie, je pratique le triathlon longue distance (Ironman), ce qui demande beaucoup de discipline et de rigueur, puisque je suis régulièrement à plus de 10h d’entrainement par semaine. Le thème du fonds M Sport & Lifestyle n’est donc pas un hasard, je connais pratiquement tous les produits et services des valeurs que nous avons en portefeuille en tant que consommateur.

Est-ce que votre métier a une influence sur une de vos habitudes dans la vie de tous les jours ?

Evidemment, je m’impose la même rigueur et discipline dans mon métier que dans le sport. Le goût de l’effort et l’esprit de compétition font également partie de mon tempérament. Mais dans l’autre sens, j’ai aussi une déformation professionnelle en tant que consommateur. En effet, dès que je vois une entreprise que je ne connais pas, je fais en sorte de comprendre son modèle, son histoire et ses dirigeants.