« Les mouvements d’exagération vont se poursuivre » pour le Revenu

2 avril 2020

« Les mouvements d’exagération vont se poursuivre »

Comment analyser la violence de la chute boursière ?

Les investisseurs sont confrontés à une profonde crise de l’économie réelle, touchant pour la première fois tant l’offre que la demande, de façon quasi simultanée sur tous les continents. C’est sans précédent. Les marchés ont aussi craint qu’une crise financière, liée à la dette publique et au marché monétaire, ne vienne aggraver cette spirale économique. Or ce scénario a été écarté à court terme, grâce aux banques centrales.

 Leur intervention explique-t-elle le rebond de mi-mars ?

Ce rebond tient à trois facteurs. Tout d’abord en effet, l’action des banques centrale, qui est à la fois massive, coordonnée (afin notamment d’assurer la liquidité en dollars) et extrêmement créative. La Fed rachète des billets de trésorerie, des prêts étudiants, etc., tandis que la BCE s’affranchit de certaines règles – elle peut désormais détenir plus d’un tiers des émissions de dettes d’un pays. Ensuite, le soutien des politiques publiques est également massif ; en Allemagne, le montant cumulé des aides et des garanties atteint 20% du PIB ! Enfin, on espère que dans certains pays comme l’Italie, le pic épidémique n’est plus très loin.

 Et maintenant ?

Le marché essaye de se trouver un point d’équilibre. Les mouvements d’exagération devraient se poursuivre, entre excès de pessimisme et d’optimisme qui peuvent faire rechuter le CAC 40 vers les 3700 points ou le porter jusqu’à 4600, un seuil psychologique important. La tendance va être très dépendante des nouvelles sanitaires, notamment aux Etats-Unis où tout se joue. L’économie américaine, on le sait, ralentit extrêmement vite et violemment. Mais elle peut rebondir de la même façon…

Par Wilfrid Galand, Directeur Stratégiste