“Quels seraient les impacts du rapatriement des capitaux offshores des multinationales américaines ?” par Montpensier Finance

Quels seraient les impacts du rapatriement des capitaux offshores des multinationales américaines ?

La réforme évoquée en début d’année devait être un élément clé des Trumponomics. A ce stade, rien n’a encore été décidé. Néanmoins, selon une enquête menée par Bank of America Merrill Lynch en 2017, 50% des sociétés ayant répondu s’attendent à une mise en place entre 2017 et 2018 et 75% à une réforme dont les modalités seront équivalentes à celle de 2005 tandis que les analystes devises et les Hedge Funds prennent le contre-pied.

Quant aux montants des capitaux en question, les estimations vont de $2 000 mds à $4000 mds – $3 000 mds selon la société Lyxor -, avec une proportion des capitaux libellés en dollars de 40% pour Bank of America Merrill Lynch, 54% par le Congressional Research Service, et de 50-80% selon Goldman Sachs. Le Financial Times dans un article paru le 16-17 Septembre 2017 décrit la répartition de ces capitaux : environ $10 mds en cash et équivalents, $423 mds en dettes corporate et titres (ex : Apple détenant $156 milliards en titres de dettes corporate), $369 milliards en dettes gouvernementales et plus de $40 mds en MBS avec une préférence pour la maturité court terme. De ce fait, le reste des montants non libellés en dollars devront être convertis lors du rapatriement, avec des valeurs estimées allant de $250 à $400 mds selon Bank of America Merrill Lynch.

Il faut donc s’attendre à des effets non négligeables sur les marchés. Tout d’abord sur le change, la nouvelle réforme pourrait avoir les mêmes effets que celle de 2005, où le change Euro-Dollar est passé de 1.35 à 1.17, donc en équivalence à 1.08. 54% des sociétés interrogées par Bank of America Merrill Lynch estiment que le dollar augmentera de 0-10% et 29% entre 10-20%. Une pression sur le cross des devises est donc vraisemblable. Cependant, d’autres facteurs sont intervenus tels que l’échec du référendum en Europe ou le rehaussement des taux par la Fed. Sur le marché actions, pour Goldman Sachs, il faut s’attendre à une hausse des bénéfices par action tandis que le “Telegraph” semble plus pessimiste, y voyant un potentiel rallye identique à celui de 1999.  Les effets sur le marché obligataire sont plus difficiles à mesurer, les sociétés investies n’étant pas toutes transparentes, mais les risques de hausse des yields obligataires et de réduction de la liquidité ne sont pas à écartés. D’autre part, l’injection de ces capitaux dans l’économie réelle ne semble pas être complètement à l’ordre du jour, puisqu’ils seront en priorité utilisés pour le remboursement des dettes, effectuer des rachats d’actions ou du M&A.